Critique #206 – Et pour le pire par Amanda Prowse

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Combien de femmes subissent les violences de leur mari, conjoint, ou petit ami ? Beaucoup trop. Une femme s’est déjà une de trop. L’espoir de voir cela cesser est une chose à laquelle on doit croire, malgré tout le chemin qui reste à parcourir pour enfin dire que plus aucune femme ne meurt sous les coups de celui qui prétend l’aimer. Et pour le pire est une fiction mais, malheureusement, trop proche de la réalité. À travers le personnage d’une femme en quête de liberté, Amanda Prowse livre un roman sans voyeurisme aucun qui pousse à réfléchir et à garder espoir. 
Disponible aux éditions Stéphane Marsan ou sur Amazon au prix de 20€ | Également disponible au format numérique
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Amanda Prowse est une auteure britannique vivant actuellement à Bristol avec son mari et ses deux enfants.  Avant de se lancer dans l’écriture, elle a travaillé pendant dix ans en tant que consultante en management. Elle apparaît également de manière régulière dans des programmes en journée sur les chaînes britanniques, en radio, et en radio où elle est connue pour son humour et son sens de l’observation sur la nature humaine. Du côté de l’écriture, on peut dire d’elle prolifique puisqu’elle compte une vingtaine de romans à son actif, ainsi qu’une dizaine d’histoires courtes, traduites en plusieurs langues. Plusieurs de ses ouvrages ont figuré dans le classement des Best Sellers, avec plusieurs prix à la clé. Citons les One Love, Two StoriesLake UnionAnother LovePerfect Daughter, ou encore A Mother’s Story traduit sous le titre Histoire d’une mère, L’autre femme de mon mari (mon avis ici), tout deux édité en français chez Milady. Et pour le pire (What Have I Done ?) est paru en VO en 2013, et arrive cette année aux éditions Stéphane Marsan

Kathryn Brooker est une épouse modèle et respectable. Mère de famille et mariée à Mark, ils forment un couple à l’apparence parfaite. Un jour, elle passe un coup de fil à la police et annonce qu’elle a tué son mari. Arrêtée, Kathryn va dévoiler le sombre secret de sa vie sur 15 ans de violence subie sous les coups et les mots de son mari. Stupeur dans l’entourage, Kathryn va devoir expliquer ce qu’elle a vécu, encaisser les critiques et les regards accusateurs, tout en tentant de se reconstruire en aidant d’autres femmes en détresse.

Et pour le pire est un roman qui aborde de plein fouet les violences conjugales. Un sujet dur à traiter du point de vue de l’écriture pour l’auteure mais également pour le lecteur qui le lis. Kathryn est un personnage écrit avec bienveillance et possédant un regard très réaliste sur sa situation et surtout la gravité de son geste. En aucun elle ne va tenter de se cacher derrière une folie passagère ou quoique se soit. C’est une femme qui dans un premier temps va se livrer à son avocat et ami Roland. Comme lui, le lecteur est invité à replonger dans le passé de cette femme qui a tout de suite subi la violence psychologique et physique de l’homme qui partageait sa vie. Comme souvent dans ce genre de cas, cela commence par des remarques désobligeantes, jusqu’à se transformer en insultes, pour se terminer par les coups. Malgré le thème, Amanda Prowse ne tombe pas dans la surenchère et dans les moments chocs simplement pour marquer l’esprit. Au fur et à mesure, nous découvrons comment un homme à l’apparence si douce pour les autres était en réalité un véritable pervers narcissique. La narration alterne entre passé et le présent, qui sont séparés par 10 ans. Nous faisons donc la connaissance de deux Kathryn. L’une privée de liberté dans le moindre de ses faits et gestes, dans sa manière de s’habiller, etc., et l’autre après sa détention qui va découvrir, enfin, ce que c’est d’être libre. Dans les deux cas, les difficultés sont nombreuses, mais Kathryn est une femme de courage. Le lecteur ne peut que sympathiser avec elle malgré son geste que la justice condamne et de nombreuses personnes aussi. L’auteure invite chaque lecteur à analyser la situation de Kathryn et la violence conjugale de manière dans notre société.

Elle s’était attendue à éprouver de l’euphorie, ou au moins du soulagement. Ce qu’elle n’aurait pas pu prédire, c’était l’engourdissement qui l’enveloppait à présent. Elle songea à ses enfants, qui dormaient dans la pièce d’à côté, ferma les yeux et espéra qu’ils profitent d’un long sommeil paisible, car elle savait que ce ne serait plus le cas avant longtemps. Quelle que soit la situation, elle se préoccupait toujours de ce qui était meilleur pour eux. La pièce semblait vide malgré le corps dégoulinant de sang allongé au milieu du lit. Il y régnait une atmosphère paisible, une température idéale. Kathryn remarqua qu’elle ne ressentait qu’une pointe de déception. Elle s’était attendue à plus d’émotions. 

La plume d’Amanda Prowse possède toutes les caractéristiques particulières du style britannique. Entre la scène du début où l’héroïne appelle la police pour se dénoncer qui surprend et les moments plus sombres, l’auteure arrive immédiatement à capter notre attention. La lecture s’avère fluide, agréable, pleine de sagesse et de matière à réfléchir. L’édition papier du livre par Stéphane Marsan se bien en main et possède une bonne qualité d’impression. Comme toujours le choix d’illustration de couverture est toujours dans le mile.

En conclusion, Et pour le pire est un roman qui ne laisse pas indifférent aussi bien au niveau du sujet et de son personnage féminin, que du style de l’auteure. Une lecture touchante de fiction mais qui, malheureusement, est vécue par de trop nombreuses femmes à travers le monde. Un roman beau pour des dizaines de raisons, que l’on ne peut que trouver inspirant à bien des égards.infos roman.png

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Une réflexion sur “Critique #206 – Et pour le pire par Amanda Prowse

  1. La couverture a quelque chose de malsain super dérangeant mais en lisant ton avis, j’ai mieux compris le choix de l’illustration…
    Le thème abordé est essentiel et le fait que ce soit fait sans sensationnalisme me semble important pour ne pas dévoyer le message. Je ne sais pas quand je le lirai, car je pense qu’il vaut mieux être dans le bon état d’esprit pour le faire, mais je note le titre dans ma liste de romans engagés, ou du moins, qui abordent des thèmes de société.

    Aimé par 1 personne

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