Critique #133 – L’autre femme de mon mari par Amanda Prowse

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Le mariage. Symbole d’amour et fidélité. Témoins, fêtes, église ou mairie, contrat de mariage ou non, l’union sacrée de deux cœurs se veut éternelle. Enfin, en principe. Dans L’autre femme de mon mari, on découvre une femme dont la vie et le coeur vont se briser quand l’homme de sa vie décide de la quitter un jour. Larmes, supplications, incompréhension, on espère encore que l’amour va revenir et avoir raison de tous les maux. Mais parfois, une page doit se tourner dans l’inconnu qui nous fait tant peur. Et on avance comme on peut.

 

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Amanda Prowse est une écrivaine britannique, vivant actuellement à Bristol avec son mari et ses deux enfants.  Avant de se lancer dans l’écriture, elle a travaillé pendant dix ans en tant que consultante en management. On peut dire d’elle que c’est une plume prolifique puisqu’elle compte déjà 19 romans à son actif, ainsi qu’une dizaine d’histoires courtes, traduites en plusieurs langues. Plusieurs d’entre eux ont été dans le top classement des Best Sellers, avec plusieurs prix à la clé. Citons les One Love, Two StoriesLake Union, Another Love, Perfect Daughter, ou encore A Mother’s Story édité en français chez Milady, sous le titre Histoire d’une mère. L’autre femme de mon mari (My Husband’s Wife) est donc son second roman traduit dans la langue de Molière.

L’histoire est celle de Rosie Tipcott qui a tout pour être heureuse. Marié à Phil, le couple possède deux filles, des amis, une vie radieuse et paisible. Pas de nuages dans le ciel de la petite maison de bord de mer où elle réside, et pourtant l’orage va lui tomber dessus comme un déluge de grêles. Un jour, son mari lui annonce qu’il la quitte pour une autre femme et qu’il emmène les filles, Naomi et Leona, avec lui. Commence alors une période de questionnement intérieur pour Rosie, 36 ans, qui voit sa vie changer alors qu’elle n’a rien demandé. Surtout que sa vie tournait autour de sa famille, et qu’elle n’a aucune idée de qui elle si sans cette immense part de sa vie. 

C’est sur ce postulat de base dramatique, mais tellement courant, que Rosie va devoir apprendre à se reconstruire. Ayant évoluée dans un foyer où mon père n’était pas un mari fidèle, je ne connais que trop bien cette situation. Du coup, la réaction de Rosie est compréhensible selon moi, même si pour d’autres lecteurs cela ne sera pas forcément le cas. Rosie est l’une de ses femmes, qui malgré son emploi à temps partiel, s’épanouit dans son rôle de mère et d’épouse. Le bouleversement est aussi sentimental que psychologique en un sens, et le lecteur le comprendra facilement s’il s’en donne la peine. Et même si ma mère, à titre personnel, n’a pas été comme Rosie par rapport à la fin de son couple, cela n’enlève aucune légitimité à la réaction de Rosie. Elle s’inscrit simplement dans une ligne réaliste malgré un léger côté théâtral. Après tout chaque personne réagirait différemment dans une telle situation, en aucun cas Rosie n’est pathétique dans son deuil, elle est simplement une femme brisée. Elle pleure, elle supplie, elle appelle à son amour et à leurs souvenirs ensemble.

Les filles étaient installées dans le salon, nourries, abreuvées, et avec la télé pour leur tenir compagnie, elle monta les escaliers. Avec soin, sans bruit, elle ferma la porte de la salle de bains et entra dans la baignoire. Sans eau pour isoler son corps du plastique froid, ce n’était pas très confortable, mais Rose s’en moquait. Elle roula une serviette pour la caler sous sa tête, et resta une heure, peut-être plus,à lutter contre l’envie de vomir, et à frissonner malgré la chaleur d’une journée d’été ensoleillée.

Ce qui rend la situation de Rosie si humaine et palpable dans son traitement, c’est grâce à la plume de l’auteure. En effet, Amanda Prowse a su trouver les mots pour exprimer la détresse et l’amour que possède Rosie en elle. En déconstruisant son personnage, Prowse peut la rendre plus forte et encore plus proche de vous et moi. Le reste des personnages s’emboîtent facilement dans l’histoire, avec une belle mise en avant de l’importance de la famille et de ce qui peut aller de travers en son sein. Certaines petites phrases retiennent notre attention, de par la justesse qu’elles possèdent. Sincèrement, je pense que que la majeure partie des lectrices trouvera quelque chose à picorer du personnage où elle se dira “tiens, mois aussi je fais ça” ou “tiens, je la comprends”. Le côté humoristique et frais nous est servi par les deux adorables filles de Rosie. Leurs chamailleries prêtent à sourire, et provoquent de temps en temps quelques petits rires. Les émotions sont réelles, et l’auteur n’en fait jamais trop selon moi. Sans entrer dans plus de détails, on se dit parfois qu’il vaudrait mieux rester coucher dans son lit et ignorer le monde entier… Rosie aurait dû. Vous pouvez même vous amuser à faire une petite liste des personnes qui mériteraient de se prendre un piano sur la tête comme dans les cartoons.

En conclusion, de sa plume simple mais belle, Amanda Prowse livre une histoire trouvant sa place dans une réalité marital qui se veut pour le meilleur et le pire. Sur certains aspects elle m’a rappelé la sensibilité et l’énergie de celle de Cecelia Ahern [mon avis sur Le joueur de billes]. Les interactions entre les personnages fonctionnent, et on se laisse porter par le personnage de Rosie et son histoire qui pourrait arriver à n’importe qui.

Copie de lire en bulles

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4 réflexions sur “Critique #133 – L’autre femme de mon mari par Amanda Prowse

  1. Ta chronique me donne envie mais, malgré tout, c’est une thématique avec laquelle j’ai un peu dur. J’aime m’évader dans mes lectures et même si j’aime aussi que mes lectures me fassent réfléchir à des sujets d’actualité etc celui-là en particulier ne m’attire pas; il me fait plus « peur » que d’autre je pense, aussi bizarre que cela puisse paraitre!^^

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  2. Les affres d’un divorce, je les ai trop vécus, même si ce n’était pas du tout dans la même configuration que ton héroïne… C’est pour le moment un sujet que je préfère tenir à distance mais je garde ta chronique en réserve !

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  3. Pourquoi pas ! 🙂 C’est un livre qui doit être un peu difficile à lire par moment car j’imagine qu’il rappelle de mauvais souvenirs à certains, ou qu’il réveille certaines craintes chez d’autres…

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