Critique manga #319 – Walking Cat tome 1

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Qui en a marre des zombies ? Moi. Qui ne les a jamais aimé ? Moi. Qui a été surprise par Walking Cat ? Moi. En bien ? Oui, même si le début s’est avéré difficil. Une lecture qui témoigne de tout l’amour et la complicité qui peut exister entre l’humain et l’animal.
Disponible aux éditions KANA dans la collection Big Kana ou sur Amazon au prix de 7.45€ | Également disponible au format numérique sur IZNEO | LIRE UN EXTRAIT

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Walking Cat est un Seinen en trois tomes écrit et dessiné par Tomo KITAOKA, lancé en 2018 dans le magazine de prépublication Manga Action de l’éditeur Futabasha (Dans l’intimité de Marie, Je veux manger ton pancréas, Kings Game, Le Mari de mon frère). L’histoire est celle de Jin Yahiro, un homme seul dans un monde post-apocalyptique où les zombies sévices. Mais par un concours de circonstances, le voilà rejoint par un compagnon de route peu habituel, Yuki, un chat blanc. C’est donc ensemble qu’ils se lancent dans un périple à la recherche de Satoko, l’épouse de Jin, dont il a perdu la trace… ce félin pourrait-il devenir la boussole de Jin ?

Disons le d’entrée, pour que tout le monde comprenne bien comment je perçois le thème des zombies. Cela ne m’intéresse absolument pas. Je ne suis pas fan de The Walking Dead, ni en comics, ni en série télé. Je suis totalement hermétique aux zombies, cela m’ennuie. Et navré si vous êtes un zombie et que vous lisez ceci. C’est donc un peu sceptique et à l’aveugle que je me suis lancée dans Walking Cat, nul besoin de préciser à quoi fait référence le titre, vous l’avez déjà compris. Toutefois, ayant une assez grande confiance dans ce que peuvent proposer les éditions KANA j’ai voulu essayer. Puis on est jamais à l’abris d’une surprise, non ?

Walking Cat est un récit tranche de vie dans un monde où l’espèce humaine a été presque complètement éradiquer. Être transformé en mangeur de cervelles, c’est la dernière tendance dans le monde Jin. La rencontre entre Yuki et lui se fait dès la première page. Les chapitres sont relativement courts et directs dans ce qu’ils présentent. On a généralement Jin qui sauve soit quelqu’un, lui-même ou Yuki d’une attaque de zombie. C’est assez linéaire et on se demande un peu où veut en venir le mangaka. Pourtant, après un chapitre revenant sur la provenance du félin, certaines choses deviennent plus claires. Le chat se présente un peu comme un guide spirituel ou “le fil du destin” de Jin, dont le souhait est de retrouver sa femme. De périple en périple, le lien entre l’homme et le chat se précise et devient plus agréable. Avoir une boule de poiles aussi mignonne qui nous ronronne dans les oreilles est une meilleure méthode de relaxation qu’une séance de yoga. Alors quand on place cela dans le contexte du manga avec un homme désespéré et seul face à la mort, on est encore plus convaincu de son efficacité. Si le début est assez brouillon dans ce qu’il cherche à raconter, petit à petit les pièces s’emboîtent et offrent un récit touchant. C’est notamment dans les deux derniers chapitres que le récit prend son envol et offre un moment poignant. L’idée est simple, mais Tomo KITAOKA l’exécute avec intelligence et sensibilité. Le scénario ne donne pas d’explication sur la cause de la présence des zombies, et le héros lui-même ne semble pas en savoir plus que nous. Toutefois, cela n’est pas dérangeant à la lecture, puisque l’on passe aisément outre pour nous concentrer sur l’amitié entre Yuki et Jin. Cette relation est le coeur du récit, et c’est ce qui va nous rendre le héros attachant. Lui, aura souvent des petites attentions pour le chat, alors que ce dernier sera fidèle à sa nature : indifférent, ou presque. Il y a quelques situations comiques, notamment une en particulier qui suit la rencontre amoureuse de Yuki et d’une femelle chat. Le rythme est lent, et peu de choses s’y passent globalement à part le fait de tuer des zombies. Encore une fois, c’est réellement dans les deux derniers chapitres que KITAOKA donne plus de profondeur à son histoire. Yuki est clairement le protagoniste principal de l’intrigue, comme un clin d’oeil au fait que les chats ont tendance à nous voir comme leur compagnon et non comme leur maître. Même quand Jin se retrouve au premier plan de l’action, on aperçoit Yuki en fond en train de faire tout autre chose, étant simplement un chat quoi. Yuki se place aussi comme béquille émotionnelle et psychologique de Jin, puisque sans lui l’homme aurait déjà sombré dans la folie. Le récit nous le fait bien comprendre, en tout cas. Ne parlons même pas de la fin qui nous frappe en pleine face, aussi bien dans sa narration que dans la construction des scènes.

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Pour le dessin, on peut oublier le côté gore des récits zombieques puisque rien de tout ça ici. Il y a un côté sale, oui, mais jamais rien de choquant. Quelques passages sanglants ici et là, mais le mangaka a plutôt opté pour un rendu plus clair et propre. C’est fluide dans sa construction, malgré un rythme parfois un peu lent dans sa narration. Le design n’est ni trop recherché ni trop simple. Yuki est sublimé par un trait léger mais maîtrisé, et les humains sont plus dans du réalisme avec une pointe de maladresse mais qui colle bien au genre. Attention ce n’est pas un reproche, mais au début de la lecture le style peut rebuter un chouïa. L’édition en lui-même est dans la lignée des ouvrages de la collection Big Kana de l’éditeur, avec une traduction cohérente de Pascale Simon (Fool’s Paradise, Black Butler, Sawako, etc).

En conclusion, malgré un début assez brouillon et peu enjoué, la lecture de ce tome 1 s’est avérée plaisante et surprenante notamment grâce aux deux derniers chapitres. Walking Cat met en avant le lien thérapeutique qui peut exister entre un humain et un animal d’une manière très simple. Yuki devient rapidement un animal et protagoniste très attachant tandis que Jin se révèle être un homme déterminé. Vu le cliffhanger de fin, je peux vous dire que je trépigne de savoir comment la suite va se construire car Tomo KITAOKA redistribue toutes les cartes pour nous laisser dans le noir total. À découvrir !

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