Critique #116 – L’Héritage des Rois-Passeurs de Manon Fargetton

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Deux mondes, deux reflets, deux femmes. Courage, force, vengeance et pouvoir… Ombre et Rive ne font qu’un. De terre en terre, Ravenn et Énora devront affronter leur force et leur faiblesse afin de s’accomplir tout en écoutant leur coeur. Un récit Fantasy mené par la plume vivante de Manon Fargetton, qui captive et emballe son lecteur au fil des mots, de la magie et des dangers. Les révélations seront nombreuses et vous surprendront.  
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Manon Fargetton est une auteure française née en 1987, et ayant grandi à Saint-Malo. Diplômée des Métiers d’Arts en régie spectacle et un Master en Études Théâtrales en poche, elle vit actuellement à Paris où elle exerce son métier de régisseuse lumière au théâtre. Écrivaine et musicienne en parallèle, Manon est aussi à l’aise dans le thriller, la fantasy ou la littérature jeunesse. Son premier roman Aussi libre qu’un rêve sort en 2006 chez Mango (réédité par Castelmore en 2017), couronné par quatre prix littéraires. En 2014, elle revient dans la jeunesse avec la trilogie fantastique June chez Rageot, le thriller diptyque Le Suivant sur la liste (disponible en intégrale) qui remporte pas moins de seize prix. On peut aussi évoquer ses autres titres : Le Livre de toutes les réponses sauf une, la série Les Plieurs de temps toujours en cours de parution chez le même éditeur. En 2015, paraît aux éditions Bragelonne L’Héritage des Rois-Passeurs, gagnant du prix Imaginales du meilleur roman francophone en 2016, ainsi que Les Illusions de Sav-Loar récompensé par le Prix Imaginales des lycéens 2018. À noter que ses deux livres prennent place dans le même univers et peuvent être lues indépendamment même si Manon conseille de commencer par les Rois-Passeurs.

L’histoire imaginée par l’auteure nous transporte dans deux mondes différents mais étrangement semblables : Ombre et Rive. Le premier est peuplé de magie, et le second est aussi simple que celui que nous connaissons. Mais comme le Ying et le Yang, ces deux univers sont unis par leurs reflets, et ne peuvent être dissociés l’un de l’autre. Dans chacun d’eux vivent deux femmes fortes et indépendantes. La première se nomme Énora et se trouve dans Rive. On fait sa connaissance lors de son vingtième anniversaire interrompu par l’arrivée de mystérieux inconnus affublés d’épées et qui massacrent tout le monde. Sauf Énora. La seconde est Ravenn, et se trouve dans le royaume d’Ombre, terre ancestrale peuplée de dragons et de magie. Ayant fuit il y a près d’une décennie son royaume, cette princesse de sang a trouvé refuge dans un clan. Mais le jour où lui parvient la nouvelle de la mort imminente de sa mère, elle se retrouver à devoir honorer la promesse qu’elle a faite en partant récupérer le trône qui lui revient de droit. Mais c’est sans compter sur les multiples adversaires qui se dresseront sur son chemin, comme par exemple le Roi lui même…

La mort marche derrière chaque homme, fit Hank avec un sourire. Certains en sont plus conscients que d’autres, et ce sont souvent ceux-là qui plient le monde à leurs rêves.

Autant le dire tout de suite, Manon Fargetton aime que ses personnages portent haut et fier leurs forces et faiblesses qui en font des acteurs uniques que l’on adore très vite. Comme vous vous en doutez – ou si vous avez déjà lu la quatrième de couverture – les deux femmes vont voir leur destin se croiser. Si elles se révèlent toutes les deux très attachantes, Ravenn est certainement celle que l’on aime suivre le plus. Sa personnalité et son caractère font d’elle une farouche guerrière, dont le cœur trahi de multiples blessures, mais qui sait toujours être pragmatique et aussi agile en combat que réfléchis dans ses actions.Énora possède une force intérieure bien différente de la princesse rebelle et paraît parfois plus en retrait, mais elle n’en est pas moins intéressante. Selon moi, elle manque simplement d’approfondissement, surtout lors de ses réactions face aux événements, comme quand elle apprend qu’elle est une Passeuse et qu’elle peut se glisser d’un monde à l’autre. Cela dit je l’ai tout de même apprécié, mais moins que Ravenn. Les autres personnages sont intéressants à suivre, chacun nourrissant le récit de leur caractère. Mention spéciale au courageux Liam que Ravenn prend sous son aile. Leur complicité est vraiment touchante.

Ravenn soutint le regard de son père avec indifférence.
– Nos sujets te croient morte.
– Ils n’ont pas vu mon corps.
– Ils ont vu un corps. Ils n’accepteront jamais ton retour.
– Puisque vous en êtes si sûr, sourit Ravenn, vous n’avez rien à craindre. Mais après le règne des Rois-Passeurs et celui des Rois-Magiciens, le couronnement d’une Reine-Fantôme ne me semble pas si exotique.

L’univers construit par Manon Fargetton possède de nombreuses qualités. Les lieux sont imagés donnant réellement l’impression au lecteur d’être aux côtés des protagonistes et de sentir ce qui se passe. Que vous soyez lecteur de Fantasy ou non, Manon Fargettonarrive à jongler avec son amour pour ce genre tout en laissant la possibilité au lecteur moins calé dans ce style de trouver une place confortable et d’apprécier sa lecture. L’alternance dans la narration entre Énora et Ravenn permet de prendre conscience de l’évolution de chacune ainsi que de leur vision de ce qui se passe autour d’elles. L’insertion au début de chaque chapitre de “fragments” apporte des éléments à l’univers d’Ombre. L’intrigue principale montre assez vite toutes les ramifications qui la compose donnant libre court à des intrigues sous-jacentes tout aussi palpitantes à suivre que la principale. Nous avons le droit à des complots, des assassinats, des secrets, de la romance, et bien plus. Les révélations vont bon train, surprennent et captives. D’ailleurs je préfère ne pas vous en révéler une en particulier qui m’a personnellement prise de court mais qu’est-ce qu’elle m’a fait plaisir… je vous laisse la découvrir en vous disant simplement : allez-y !

Le style de Manon Fargetton nous transporte tout simplement. C’est inspirée et inspirant. La narration est fluide et moderne sans jamais faire trahir l’écriture de la Fantasy. De sa plume elle ne manque pas de faire un constat sur la patriarchie et discrimination qui règne dans la société, que celle-ci soit dans un monde fictif ou dans un monde bien réel comme le nôtre. Que les personnages soient centraux ou secondaires, alliés ou ennemis, Manon les a écrits avec passion et ça se sent. Le seul petit défaut selon moi a été la facilité durant certaines situations, mais rien d’alarmant pour que la lecture en soit gâchée. 

En conclusion, L’Héritage des Rois-Passeurs est une lecture à l’univers captivant et construit de manière à laisser libre cours à l’imagination de celui qui tient le bouquin entre ses mains. Le fait que les deux protagonistes principaux soient des femmes apporte de la fraîcheur et de l’originalité, où il est rare de voir les “demoiselles en détresses” prendre les choses en main et lutter pour leurs croyances et valeurs. À présent on va gentiment aller se procurer Les Illusions de Sav-Loar et retourner explorer Ombre avec entrain !

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2 réflexions sur “Critique #116 – L’Héritage des Rois-Passeurs de Manon Fargetton

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