Critique #134 – Chevalier blanc, cygne noir de David Gemmell

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Après avoir découvert David Gemmell et son univers de fantasy avec Jon Shannow, j’était surprise de voir que l’homme avait aussi fait dans le thriller. Chevalier blanc, cygne noir est un récit datant de 1993, soit quelques années après Legend, Waylander et la trilogie Rigant. Je pose le décor : Londres. Quartiers malfamés. Criminalités. Caïds. Et Bimbo, une armorie à glace à l’âme aussi pure que la rosée du matin. La brute contre le truand, où les nuances de noir et de blanc donnent une lecture plaisante. 

 

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David Gemmell reste à ce jour l’un des auteurs du genre fantasy le plus populaire, malgré le fait qu’il nous est quitté en 2006. Ce Britannique né en 1948, débute sa carrière dans l’écriture en tant que journaliste indépendant pour les journaux londoniens Daily Mail, Daily Mirroir, et le Daily Express. Son premier roman, Légende, sort en 1984, et décroche le prix Tour Eiffel en 2001. Deux ans plus temps il ne se consacre plus qu’à l’écriture de romans avec plus d’une trentaine de titres à son actif. Certains se déroulent dans le même univers comme Légende, Waylander, Les Guerriers de l’hiver et Les Épées de la nuit et du jour. On lui doit aussi des saga de la fantaisy connues et appréciées des connaisseurs tels que Le Lion de Macédoine, Rigante et Troie. Jon Shannow est l’une de ses sagas débutant en 1987 avec Le loup dans l’ombre, suivi de L’Ultime Sentinelle (1984), et Pierre de sang (1994). En 2009, un prix portant son nom voit le jour sous David Gemmell Awards for Fantasy, ayant déjà récompensé Brandon Sanderson, Mark Lawrence, Brent Weeks, Pierre Pevel, et Helen Lowe. Chevalier blanc, cygne noir est une roman qui se classe dans le genre du polar noir, publié sous le pseudonyme de Ross Harding en 1993. Il est disponible en français depuis avril 2018 chez Bragelonne,dans la collection Thriller. Pour la partie édito, et savoir pourquoi Gemmell n’a jamais voulu voir ce livre édité sous son nom, je vous invite à lire les mots de Stéphane Marsan, en cliquant ici

Le récit débute avec « Bimbo » Jardine, homme à la carrure imposante, mais au cœur sur la main. Debout près d’un étang du Sud de Londres, il nourrit un cygne. Ce détail n’a peut-être pas d’intérêt à la première lecture, mais en débutant par ce simple tableau plein de mélancolie et de quiétude, David Gemmell permet au lecteur de tout de suite s’attacher au personnage de Bimbo. Et ce malgré le fait qu’il soit au service d’un parrain de la mafia du quartier. Durant cette lecture on est en plein dans les années 80, où la violence des rues et  des caïds sont monnaies courantes. Vivant sa vie comme elle vient, répondant ds poings et détestant ce qu’il doit faire, Bimbo va s’interposer pour protéger un ami d’une agression homophobe et décide de s’en prendre à l’homme derrière l’ordre…. et c’est là que les choses se corsent, puisqu’il s’agit de son patron : Reardon.

Même si je n’ai lu que le premier tome de Jon Shannow [mon avis ici], aventure fantasy bien menée de Gemmell, j’ai réussi à trouver des similitudes entre ce premier roman et celui de Shannow : les personnages. Bons, mauvais, imposants et forts de caractères, on peut dire qu’en 1993 l’auteur savait déjà comment donner vie à des protagonistes marquants. Bimbo est un personnage très attachant, ne réfléchissant pas trop avant d’agir, mais dont le cœur est réellement pur. En choisissant de lutter pour que justice soit faite et en tenant tête à son patron, on se doute que rien ne sera simple et que des conséquences sont à prévoir. Bimbo est le genre de personnage qui fait plaisir de découvrir et suivre, malgré son choix de vie. Il est bon, sensible et nous émeut facilement. Les autres personnages, même les plus secondaires, ne sont pas simplement là pour faire jolis. La personnalité de chacun est intéressante sans tomber dans une caricature.

Juste à ce moment-là, Bimbo perçut un mouvement. Ringo voulut lui asséner un uppercut. Bimbo bloqua son poing d’une main, saisit la veste de l’homme de l’autre et le tira vers lui pour lui flanquer un coup de tête. Un craquement écœurant s’ensuivit. Le nez explosé, Ringo se laisser glisser à terre. Bimbo balança un coup de pied dans la porte, la faisant voler en éclats. Quatre hommes se trouvaient dans la pièce. Deux d’entre eux maintenaient Miranda sur un tapis blanc tandis que les deux autres étaient à moitié dévêtus. Assis sur un canapé, Daniel tâtait sa lèvre coupée.

La plume de l’auteur est semblable à ce qu’il fait dans la fantasy. Ici, seul le décor change, et on se retrouve avec un récit s’ancrant dans le réel. De plus, Gemmell a puisé dans son enfance passer dans des quartiers semblables pour donner vie au roman. C’est violent, sombre et lumineux à la fois. Le livre se lit très vite, mais ne laisse aucun temps mort. En explorant cette sphère criminelle, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans le Parrain sans qu’il me soit nécessaire de regarder les trois films pendant des heures. C’est palpitant et on se laisser poter sans problème. L’auteur va droit au but, mais se laisse le temps d’y ajouter sa touche personnelle. 

En conclusion, du point de vue de la narration, David Gemmell fait dans ce qu’il connaît et sait faire. Mais en décidant de faire évoluer Chevalier blanc, cygne noir dans un Londres des années 80, la part de réalisme enveloppe l’histoire dans une ambiance unique et sombre. Bimbo en est l’étincelle, qui tel un chevalier au cœur de lion nous touche sans jamais se détourner de son chemin.

17/20

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