Critique #167 – Heartless, tome 1: Mercy de Ker Dukey

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Heartless: sans coeur, cruel ou sans pitié. Mercy: miséricorde, pitié, indulgence ou grâce. Voilà les traductions françaises de ces deux mots anglais. Ker Dukey raye de son écriture les codes de la romance, pour nous plonger dans la froideur de deux frères machiavéliques pouvant faire rougir ce cher Dexter Morgan né dans l’esprit de Jeff Lindsay en 2004. Ce premier tome de Heartless est tordu et hallucinant. Plus on avance, plus on se demande combien de personnes aussi noires et indescriptibles nous croisons dans la rue. Espérons pas tant que ça. Nous cachons tous des secrets dans l’ombre que l’on projette sur le mur. Mercy pourrait en être le reflet et Ker Dukey l’a parfaitement compris.

 

Disponible aux éditions Milady dans la collection New Adult ou sur Amazon au prix de 16,90€
Également disponible en numérique – LIRE UN EXTRAIT ICI

Merci à Anne-Catherine de Dargaud Suisse pour cette lecture

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Après Pepper Winters (Monsters in the Dark, Dollars, Pure Corruption) et Tillie Cole (Les Écorchés, Hades Hangmen), c’est au tour de Ker Dukey de venir se rajouter dans mes lectures Dark Romance. La particularité de Heartless est qu’il se classe dans le New Adult mais aussi dans le Thriller ! L’histoire est celle de deux frères, Blake et Ryan. Après avoir vécu des choses pas très jolies durant l’enfance, Blake s’est juré de protéger son petit frère. Il s’engage dans les forces de l’ordre, une couverture qui lui permet de cacher ses sombres secrets. Encore étudiant, Ryan est plutôt du genre effacé, lui valant le surnom de “zarbi”. Interloquée par son silence, sa camarade Melody va lui adresser la parole, et nouer une amitié. Mais, la vie de la jeune femme risque fort d’être chamboulée… pour le meilleur ou simplement le pire ?

Lorsque la vie nous noie dans sa cruauté, vous n’avez pas la moindre idée de la direction dans laquelle le courant va vous emporter ni de l’endroit où vous remonterez à la surface. 

La narration à trois voix permet de mettre bien en avant les pensées et la personnalité de chacun. Au début, la lecture se présente de manière classique propre à n’importe quelle romance. Les personnages se dévoilent gentiment, et on se dit qu’un triangle amoureux va démarrer… Et ce n’est pas du tout le cas ! Alors, si vous aviez peur de lire une histoire où la jeune fille est partagée entre deux hommes aussi beaux que charmants, soyez rassurés, Heartless en est très loin ! Comme je le dis plus haut, l’histoire se classe en thriller et Dark Romance, et de manière très équitable. Le côté psychologique est également un facteur majeur dans la structure mise en place par Ker Dukey. C’est justement le gros point fort. Les personnages sont travaillés, sombres et très mystérieux. Melody est une jeune femme qui respire la joie de vivre, un rayon de soleil aimant sa vie. Mais un soir sa vie change, et on va la découvrir brisée mais courageuse. Difficile d’imaginer ce qu’elle endure. Dans sa construction, l’auteure s’en sort très bien. Quand elle donne la parole aux frères, on se demande sincèrement qui est le plus détraqué des deux. Quand on finit par se dire que c’est Blake le plus psychopathe, Dukey arrive à nous mettre le doute, et Ryan prend tout de suite la place de numéro #1. Chacun possède ses propres émotions, ses propres démons, et ils fascinent. C’est clairement ce qui me plaît le plus dans la Dark Romance. J’ai toujours été une grande lectrice de thriller, justement à cause de ce fond de psychologie, une matière qui me passionnait durant mes études.

Quand le soleil se couche, on ne peut pas se raccrocher à la lumière déclinante face aux ombres qui approchant. Soit on se cache de ces ombres, soit on les devient.

De fil en aiguille, l’auteure nous donne quelques pistes pour que l’on devine la fin, et même si on voit certains éléments venir, les révélations viennent faire voler le tout en éclat. Les émotions sont palpables et troublantes. À de nombreux moments on sent à quel point l’ensemble est tordu, où l’on finit même par se demander comment nous aurions réagit nous-même. Ker Dukey nous bouscule, et on aime ça ! Malgré ses 300 pages, le récit est intense – même si j’ai trouvé quelques répétitions ici et là.  Puis, vue la fin il est impossible de ne pas vouloir lire la suite ! La noirceur qui se dégage de la plume de l’auteure nous garde captive, certaines phrases se détachant du reste tant elles expriment bien le patchwork qu’est l’être humain. La traduction de Charline McGregor dessert très bien le style de l’auteure. 

En conclusion, ce premier tome de Heartless est comme un château de cartes que Ker Dukey va venir s’amuser à souffler, faisant s’écrouler toutes nos théories concernant nos personnages et la trame de fond. Une lecture intense grâce à la toile psychologique évoquant les notions de bien et de mal. Et au final, en refermant  »Mercy » une seule question reste encore: qu’aurai-je fait à la place de Melody ?…

17/20

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5 réflexions sur “Critique #167 – Heartless, tome 1: Mercy de Ker Dukey

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