Critique manga #173 – Gun & Heaven, Minori no te, et Jackass !

Copie de titre manga

Amour, passion, amitié, et tueurs à gages, voilà les maîtres mots des 3 one-shots de chez Taifu comics que je vous propose de découvrir en ce jour. Des acteurs forts et sensibles, déterminés et curieux, mené par le trait et la narration de deux mangakas : Kazuma KODAKA pour Gun & Heavem et Scarlet Beriko pour Minori no te et Jackass!.

Sans titre 1


Disponible aux éditions Taifu Comics au prix de 8.99€ ou sur Amazon

Gun & Heaven est un Yaoi one-shot écrit et dessiné par Kazuma KODAKA (Ikumen After) édité en VO, en 2016, chez l’éditeur Libre Shuppan (Escape Journey, Lovely Teachers, VOID). Avec ces trois titres dans son catalogue – disponible en VF chez Taifu – autant dire que l’on peut s’attendre à une histoire mature et pleine de surprises. Roy et J.B. aka Jack sont des tueurs à gages vivant sous le même toit mais travaillent le plus souvent séparément. Constamment en voyage selon le client qui les demande, ne pouvant avoir une vie sociale comme celle des gens ayant un travail stable et honnête. Ne pouvant compter que sur l’un et l’autre, ils veillent à ne jamais laisser de trace de leur passage. Mais un jour, Roy va compromettre son identité en venant en aide à un agent de la CIA, sans en parler à Jack. Avant d’entrer dans la critique, il faut noter que ce one-shot est un spin-off de la série Kizuna (Delcourt-Tonkam), que personnellement je n’ai pas lu. Est-ce que cela dérange à la compréhension de l’histoire ? Non, pas du tout. La personnalité des personnages est ce qui fait le sel du récit, puisque l’auteure met bien en avant le fossé qui semble parfois les séparer. D’un côté, nous avons Jack qui est plus expérimenté et plus réfléchi, et de l’autre le jeune Roy plus sensible et souhaitant vivre une vie plus sociable. Pourtant, l’amour qui les unit est fort et réel, et est à l’image de n’importe quel couple s’aimant. Il y a les prises de têtes, les réconciliations sous la couette, les sourires partagés, etc. Le fait que Roy décide d’accepter d’aider l’agent de la CIA (Quinn) permet de montrer toute la maturité que possède le personnage, malgré le fait que Jack n’en prenne pas conscience.

GUN & HEAVEN © Kazuma Kodaka 2016 Origin

De plus, la mangaka exprime bien l’importance d’indépendance dans un couple, surtout si vous effectuez le même travail. Le récit est en réalité séparé par plusieurs missions, mais fonctionne très bien ensemble. L’univers de l’espionnage régi par ses règles comme savoir manier son arme, ne pas laisser de traces de son passage, être discret, etc… de petits choses qui donne un univers très immersif où la dangerosité et la violence ne peuvent être évitées. Le trait de Kazuma KODAKA est comme toujours un régal pour les yeux. Les visages reflètent bien le caractère de chaque protagoniste, entre dureté et tendresse. Les scènes d’action sont fluides et de qualité. Les moments intimes sont érotiques, mais ne tombent pas dans la vulgarité. C’est sensuel sans trop en montrer tout en faisant honneur à l’amour et la passion rythme le cœur de ce couple. En conclusion, Gun & Heaven ravira sans aucun doute les fans de Kizuna, tout en recrutant un nouveau lectorat qui aura certainement envie de connaître les aventures passées de nos héros, et surtout de découvrir comment leur histoire a commencé. Action, complicité, amour fusionnel sont les ingrédients de ce one-shot de qualité.

 

Disponible aux éditions Taifu Comics au prix de 8.99€ ou sur Amazon

Scarlet BERIKO est une mangaka japonaise qui jusqu’à la parution de Minori no te et Jackass!, était inconnue des lecteurs français. Pourtant au Japon l’oeuvre date de 2013 aux éditions Shinshokan, que l’on connaît pour la série 10 Count (également chez Taifu). Les premières pages nous présentent Minori Shigemori, ostéopathe reconnu comme l’un des meilleurs de la ville. Avec une telle réputation, sa clientèle est diverse au possible. Entre gens lambda, célébrités et mafieux il a de quoi faire. Mais au delà de ses compétences médicales, il est également quelqu’un qui sait écouter quand un patient ne va pas bien, notamment si cela concerne le cœur et les sentiments. Mais quand est-il de ses peines de cœur à lui ? Les deux premiers chapitres permettent au lecteur de bien cerner le personnage de Minori et de son talent de guérisseur. D’ailleurs j’ai trouvé que son approche dans les massages n’est pas forcément conventionnel vu l’endroit où il touche certains, ce qui était très limite… La narration alterne entre présent et flashbacks pour nous montrer la relation passé de l’ostéopathe et d’un jeune homme en particulier… Alors, même si on se doute de la fin de l’histoire, la lecture est très agréable. Le scénario est simple, mais pourquoi faire compliquer quand on peut raconter une romance sympathique ?

Minori’s Hand © SCARLET BERIKO 2015 Originally published in Japan in 2015 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

Étant un one-shot, nous avons un peu l’impression que les deux retombent dans les bras l’un de l’autre trop rapidement. En fin de tome, vous pourrez découvrir une petite nouvelle indépendante à l’histoire assez oubliable, malheureusement. De nombreuses scènes érotiques et explicites sont présentes, du coup si cela vous dérange il vaudrait mieux passer votre chemin. Le dessin de BERIKO est réussi et séduisant. Le trait est précis mais avec une impression de légèreté dans le rendu final. La représentation des corps est belle est maîtrisée, et arrive presque à faire oublier le manque de trame et de décors dans les cases. L’impression de vide est assez frappante si on y prête attention. En conclusion, Minori no te est un one-shot sympathique mais qui ne casse pas des briques, et ce ne sont pas les quelques éléments douteux dans la narration qui viendront arranger les choses.

Sans titre 1

 

Disponible aux éditions Taifu Comics au prix de 8.99€ ou sur Amazon

Après la lecture en demi-teinte de Minori no te, je me suis lancée dans celle de Jackass! de la même auteure, Scarlet BERIKO, en croisant les doigts pour que le récit soit mieux que le précédent. Ce one-shot est pari en 2015 au Japon, toujours chez Shishokan, et est donc le second titre de la mangaka à voir le jour en français. L’histoire se déroule au lycée, ou Keisuke élève de terminale qui après un quiproquo se retrouve à enfiler le collant de sa sœur en même temps que son survêtement de sport. Gêné, ce dernier ne devra son salut qu’à son meilleur ami Shimoda, empêchant ainsi que son ami ne soit moqué par ses pairs. Arrivé à l’infirmerie et alors qu’il se débat pour se sortir de cette situation peu confortable, un sentiment étonnant et imprévu va alors naître en Shimoda… Le scénario comprend plusieurs personnages en dehors des deux cités ici, mais que je vous laisserais découvrir ayant chacun une histoire personnelle. Entre amour et amitié, le récit de BERIKO est plus lisible, certainement dû au fait que depuis Minori no te, l’auteure a pu plus travaillé ces intrigues. D’ailleurs ne me demandez pas comment elle a eu l’idée du collant coincé dans le pantalon, je cherche encore.

JACKASS! © SCARLET BERIKO 2016 Originally published in Japan in 2016 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

Les caractères sont différents et travaillés, et la romance arrive à faire gagner en maturité les protagonistes. En regardant les planches de BERIKO, on constate que son trait à évoluer, avec un style plus profond et moins hésitant. Les regards sont encore plus expressifs, et la mise en scène offre une visibilité plus globale de ce qui entoure les personnages. L’ambiance est intimiste, les sentiments sont palpables tout comme les petits moments d’humour. En conclusion, Jackass! plus ambitieux que Minori no te, publié deux ans auparavant. Les relations sont plus travaillées, la narration est plus fluide et mise sur des thèmes plus vastes. On peut ainsi envisager un avenir radieux pour la mangaka en France, surtout quand on sait que le reste de ses œuvres arrivera en librairie très prochainement.

15 sur 20

5 réflexions sur “Critique manga #173 – Gun & Heaven, Minori no te, et Jackass !

    • Gun & Heaven est bien oui, j’ai apprécié la relation et le coté mature de l’intrigue. Pour ceux de Beriko, j’ai préféré le second titre « Jackass! » que j’ai trouvé plus abouti que « Minori no te ». Mais je comprends que tu n’es pas aimé… j’ai toujours pas compris comment lui ai venu le délire du collant xD

      Aimé par 1 personne

  1. J’avais pas acheté Gun & heaven en apprenant que c’était un spin off mais si ça ne gêne pas la compréhension je vais m’empresser d’aller le chercher parce qu’il me branchait bien 😊 merci pour ta chronique du coup !

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