Critique manga #045 – VOID

 titre manga (41)
Il y a des œuvres qui n’ont pas besoin de beaucoup de mots tant elles parlent d’elles-même. C’est le cas de VOID qui illumine de par sa palette graphique impressionnante, et de par sa psychologie profonde en 200 pages et des poussières. Un récit mêlant avec poésie la science-fiction et l’amour. 

 

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Lecture pour public averti

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Merci à Guillaume pour ce coup de cœur inattendu


Ranmaru Zariya plus connue sous ZARIYA est une mangaka japonaise qui a débuté sa carrière en 2014 avec la publication de plusieurs histoires courtes pour le label érotique des éditions Libre Shuppan : X-BL. Elle se lance avec un recueil de plusieurs histoires sous le titre de Pet Keiyaku, suivit de Nemuni Otoko to Koi Otoko, élu meilleur manga érotique parmi les mangas édités en 2015 aux Chil Chil Awards 2016. L’année suivante arrive VOID et Coyote, deux one-shots dans la lignée de son travail précédent. Grâce à VOID elle se retrouve à nouveau gagnante du prix qui l’avait consacré en 2015.

VOID est donc un one-shot racontant l’histoire d’un ex-membre de la protection des humanoïdes, Maki, recevoir comme cadeau d’anniversaire Arata, un humanoïde modifié illégalement par des humains pour occuper la fonction de « animal de compagnie ». Surpris, ce dernier refuse dans un premier temps avant d’être frappée par la ressemblance physique Ren, un homme dont Maki était fou amoureux. Décédé depuis sept ans, Maki ne semble se résoudre à pardonner et laisser partir celui qui lui a brisé le cœur. Pourra-t-il accepter Arata, l’aimer et recevoir son amour en retour ?

Autant vous prévenir tout de suite que, VOID a été un coup de cœur pour moi. J’ai été moi-même surprise, puisque le début ne m’y préparait pas. On fait donc la connaissance de Maki, un homme élégant et financièrement aisé, mais qui possède une profonde blessure. Au fil du temps, cette blessure n’a pas su cicatriser et s’en est même retrouvée infectée. Sept ans auparavant, Maki tomba amoureux de Ren, un homme qui este mystérieux dans les pages du récit. Mais quand il s’agit d’amour rien n’est prévisible, et les ratés sont nombreux.

Abordons d’abord la partie graphique de VOID qui est une œuvre magistrale. Le coup de crayon de ZARIYA est une véritable claque en pleine face. Les traits sont froids mais tellement débordant d’émotions qu’en un seul regard la mangaka arrive à faire parler ses personnages. Le charadesign, les décors, et surtout les corps sont somptueux. La musculature des corps est si bien représentée qu’elle donne cette impression de vie en mouvement sous nos yeux. L’ambiance qui s’en dégage est à la fois douce, poétique et espiègle.

 

Du point de vue du scénario l’histoire commence par nous intriguer en laissant de nombreuses questions sans réponses, mais qui peu à peu s’imbriquent entre elles pour offrir une cohérence et une maîtrise totale de l’œuvre. Le personnage de Maki passe d’une froideur vengeresse inconsciente à une fragilité naturelle de façon organique. L’apport de la partie science-fiction avec les humanoïdes n’est pas sans rappeler le comics Alex + Ada de Jonathan Luna et Sarah Vaughn chez Image Comics, qui reprenait cette question des  humanoïdes créés pour divertir et combler les désirs des humains. On ne peut s’empêcher de se demander si dans tel cas est-il est possible de ressentir de l’empathie ou de l’affection pour ce qui ressemble à un Homme mais qui n’en est pas un. L’humanoïde en question, Arta, est une figure très douce voir parfois naïve mais qui restera fidèle à son cœur et ses convictions. Le manga soulève aussi la thématique de l’identité de chacun, qui voit Maki et Arata s’affronter sur deux plans : le premier sur le dégoût de soi face à sa réflexion, et le second face à sa propre création avec les souvenirs d’un autre. ZARIYA s’applique aussi à placer quelques passages flashback pour nous conter comment Maki a pu arriver à devenir un être semblant dénué de compassion. Personnellement, je pense qu’un chapitre de plus n’aurait pas fait de mal à certains passages dans le manga, mais ce n’est pas bien grave.

 

Parlons maintenant des scènes explicites qui sont très détaillées sans pour autant choquer. Certains passages sont plus « hard » que d’autres mais vont de pair avec la psyché de Maki au moment où débute le manga. Comme je l’ai dit avant, les détails sont nombreux et saisissants. L’édition de Taifu comics rend vraiment justice au récit. Le bouquin est un peu plus grand que le manga standard, mais il ne pouvait en être autrement tant les illustrations intérieures méritent d’avoir de l’espace pour montrer toute leur beauté. La couverture et le quatrième de couverture sont sublimes. L’aspect vernis justifie totalement les 11.90 euros que coûte ce one-shot. Il aurait d’ailleurs été dommage que l’édition soit plus classique.

En conclusion, VOID est un yaoi mettant en avant une histoire d’amour à la légère touche de science-fiction mais dont l’humanité est bien présente. La psychologie des personnages est construite de façon convaincante, avec des illustrations d’une beauté rare qui viennent sublimer l’ensemble du récit. Petit à petit, ZARAIYA aura su me charmer de par son trait et les sentiments qu’elle a pris soin d’injecter dans son manga jusqu’à ce que le coup de cœur arrive.

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