Critique #131 – Riders, tome 1 : Chevauchée exquise de Lorelei James

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Dis, c’est quoi un cowboy ? D’après Wikipédia, ce terme désigne un garçon de ferme s’occupant du bétail bovin dans l’Ouest des États-Unis. Un peu vague et généralisé comme définition, non ? Dans mon esprit un cowboy c’est quelqu’un qui de nature est soit solitaire soit très porté sur la camaraderie. Chapeau, botte, grosse boucle de ceinture, cure-dent entre les lèvres, la caricature du cowboy est aussi longue que son lasso. Pourtant, il serait dommage de ne pas tenter d’en savoir plus sur le mythe et sur la pratique du rodéo. Domaine que je considère plus comme un sport que comme un simple domaine. De la monte de cheval sauvage à celle du taureau, il faut savoir garder son sang-froid et avoir une force mentale et physique. Dans Riders, Lorelei James prend les clichés et les détourne pour en faire son petit hommage à ce monde qui la passionne. Elle y ajoute une grande dose d’érotisme sans faire dans le pornographique gratuit de bas étage. Explorations des sens et des corps, à vous de savoir si vous souhaitez vous laisser séduire. 

 

Acheter le tome 1 de Riders, chevauchée exquise sur le site des éditions Milady ou sur Amazon
Également disponible en numérique

Merci à Stéphanie pour la ballade dans le western américain en charmante compagnie


Lorelei James est une auteure américaine vivant dans le Dakota du Sud reconnue dans le genre littérature érotique aux États-Unis, souvent classée dans les meilleures ventes du New York Times et de USA Today. C’est avec des séries comme Rough Riders, Mastered, 1001 Dark Nights ou bien Blacktop Cowboys, qu’elle a su se faire une place dans le milieu. La première saga à être adaptée en France fut De Main de maître (Mastered) dès 2015, suivie juste après par Riders (Rough Riders), dont le tome 1 vient de paraître en format poche chez Milady dans la collection Romantica.

Channing Kinkaid est une jeune femme détentrice depuis peu d’un diplôme d’enseignante qui rêve de s’émanciper de sa famille, et de vivre une l’aventure. Mais pas celle d’un jour, non, elle recherche celle avec un grand A. Vous savez celle qui vous prend aux tripes et qui vous fait faire des folies. Décidée à voir sa vie changer, elle part dans l’Ouest américain explorer le circuit du rodéo. Là-bas elle s’y plaît, et rencontre même un séduisant cowboy, Colby McKay, attirant toutes les femmes à lui comme une fleur se faisant butiner les abeilles. Très vite quelque chose de passe entre eux, et la curiosité de Channing la pousse à accepter la proposition du cowboy : Partager ses nuits ainsi que celle de ses deux amis Trevor et Edgard. Mais quand le plaisir de la chair font naître les sentiments, on peut déjà dire que la chevauchée sera tumultueuse…

Les romans érotiques et moi, on ne s’entend pas toujours très bien. Je trouve dans le genre, mis plus en avant par E.L. James et son 50 Shades of Grey, quelque chose de souvent répétitif parfois trop vulgaire et n’étant pas forcément un genre très respectueux des femmes. De plus les hommes, à la Christian Grey, sont souvent présentés avec de multiples facettes et de sombres secrets, et qui au final après lecture tombe dans des clichés pas possibles où ils ne pensent finalement qu’avec ce qui se trouve en dessous de leur ceinture. Pourtant, dernièrement j’ai été surprise par la psychologie sombre du tome 1 de Monsters in the Dark [mon avis sur le tome 1], ou du très controversé Outrage [on avis ici]. Et même si partager l’intimité de plusieurs hommes ou femmes ne me tente pas, je suis quelqu’un qui aime se faire son propre avis sur une expérience ou dans ce cas précis, une lecture.

En dehors de toute sa (grosse) partie sexuelle, le thème du rodéo est quelque chose qui m’intrigue énormément parce qu’à part les messieurs avec des chapeaux de cowboys sur la tête, des ceintures à grosses boucles, la country, et la série Walker Texas Ranger je n’y connais rien. C’est même souvent utilisé comme caricature dans certains téléfilms romantiques. Rien de passionnant à première vue, mais qui finalement passe très bien dans Riders. On peut même dire que c’est intéressant. Les différentes épreuves liées à ce domaine sont très bien écrites, et on voit bien que l’auteure adore cet univers. Au fil des rencontres, Channing apprend à se connaître et à s’ouvrir spirituellement et intellectuellement à d’autres choses. Même si on peut se demander comment elle a pu accepter un tel « marché », il faut tenir compte du fait que c’est consenti et que ses partenaires sont respectueux de ces choix et de ses envies. À aucun moment je n’ai senti que cela été forcé et humiliant pour elle. Personnellement, tant que la personne n’est pas placée dans une situations contre son gré, qu’il n’y a rien d’illégal, elle peut bien faire ce qu’elle veut de son corps malgré mes propres opinions. On sent qu’en se lançant dans une telle aventure où les lendemains sont faits d’inconnus et de péripéties, la jeune femme se cherche. Venant d’une famille à l’image parfaitement lisse et dictée dans ses choix par ses parents, il est compréhensible qu’elle explore sa sexualité, ses sentiments, ses idées, etc. pour se forger en tant qu’individu libre de ses mouvements et de s’exprimer comme elle le souhaite.

Pour la toute première fois, elle explorait ce qui se passait dans sa vraie vie, loin du bling-bling et du luxe auquel elle était habituée. Ce fut à ce moment qu’elle comprit la vraie raison qui l’avait poussée à partir à l’aventure : elle n’avait pas tout plaqué dans le seul but de faire enragé ses parents, elle était partie pour donner un sens à sa vie, définir qui elle était vraiment.

Colby est un homme séducteur conscient de son sex appeal, avec un côté dominateur mais sans jamais aller dans les travers qui pourrait le faire passer pour un sociopathe manipulateur. Ce côté “leader” il l’exprime aussi dans sa relation amicale avec Tevor et Edgard, deux personnages que j’espère retrouver dans les autres tomes tant ils méritent qu’on les suive (surtout le second). On rencontre aussi d’autres protagonistes comme Gemma et Cash, un duo à la dynamique sympathique grâce à leurs échanges amusants. La relation entre cette petite “famille” fonctionne très bien et n’est pas irréaliste puisque les questionnements de chacun apportent quelque chose au récit. Le lien entre Colby et Channing et bien entendu celui qui nous captive le plus, et se révèle plus sensible que l’idée qu’on pouvait en avoir. Concernant les scènes érotiques et très explicites, il est certain que des lecteurs peuvent être choqués, pourtant rien n’est trop vulgaire. Contrairement à d’autres lectures dont le Grey (POV de Christian dans  50 Shades), l’écriture est plus mature dans l’utilisation des mots. Lorelei James veille à ce que la lecture ne soit pas trop gênante et rend le tout lisible, voire même un peu agréable. Si pour ma part les lectures de ce genre ne m’excitent pas, je ne peux pas dire que je n’y ai pas trouvé un certain plaisir. Les personnages sont à l’écoute des uns et des autres, et encore une fois, jamais rien n’y est dégradant. L’évolution charnelle va de pair avec celle des sentiments, ce qui donne une osmose intelligente. Concernant l’édition poche de Milady comme toujours elle me plaît. Le seul changement entre le grand format et le poche est la couverture (un simple nœud de corde), ce qui n’est pas plus mal puisque ça change des corps dénudés (sans têtes) pour illustrer ce genre.

-Mais… Pourquoi moi?

-Parce que… Dès l’instant où je t’ai vue, j’ai su que tu étais différente des autres nanas. J’ai tout de suite ressenti ce sentiment de solitude qui t’habitait et… je ne sais pas, je me suis retrouvé en toi.

En conclusion, loin des clichés habituels, ce premier tome de Riders présente un univers autour de la pratique du rodéo plus séduisant que l’idée qu’on s’en fait. Les personnages et les relations entre chacun sont écrits avec sincérité tout en intégrant certains codes du genre érotique/new adult. Lorelei James pose les bases d’une saga des corps et des sentiments qui désinhibe le genre sans le révolutionner. Une lecture sensuelle respectueuse des choix de chaque protagoniste sans jamais tomber dans la perversion et la pornographie.

15 sur 20

infos roman

6 réflexions sur “Critique #131 – Riders, tome 1 : Chevauchée exquise de Lorelei James

  1. Je ne pensais pas qu’une chronique sur ce genre de livre m’intriguerait ! Je trouve ça bien pour une fois que le sexe avec des partenaires multiples soit traité dans le consentement et le respect mutuel. Enfin, je ne lis pas assez de romance pour savoir si c’est courant ou pas mais je n’en ai jamais eu l’impression.

    Aimé par 1 personne

    • Ahahah est-ce une bonne chose que cela t’intrigues ? :p
      Oui, je ne me suis pas sentie mal à l’aise durant la lecture, meme si les romans érotiques ne sont pas forcément ce qui me plait. Je ne lis pas des masses de romances, mais le plus souvent je trouve qu’il y a un non-respect dans certaines approches du consentement de la femme. Bon, après la plupart du temps c’est bien traité, je ne suis pas tombée sur une lecture totalement dégradante sauf si le contexte du bouquin comme Outrage l’intègre.

      Aimé par 1 personne

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