Critique comics #057 – Supergirl : Being Super

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Supergirl où la super-héroïne qui mérite de sortir de l’ombre de son cousin Superman, parce que sincèrement elle est tout aussi capable (si ce n’est plus) que de sauver le monde 7 jours sur 7, et en plus elle est bien plus complexe que lui. On pourrait croire que je suis biaisée, mais pas du tout. Une jeune femme drôle, incarnant l’espoir, tourmentée par la destruction de sa planète d’origine et la mort de ses parents biologiques, attachante, et badass ? Que demander de plus. Voici donc un récit complet pour la connaître un peu mieux, ou bien pour l’adorer encore plus fort. 
Disponible aux éditions Urban Comics sous le label Urban Link ou sur Amazon au prix de 14.90€ || Également disponible au format numérique || LIRE UN EXTRAIT GRATUIT ICI


Après avoir découvert Mariko Tamaki avec l’excellent Harley Quinn : Breaking Glass [mon avis ici], également sous le label Urban Link, nous continuons d’explorer ses romans graphiques avec Supergirl : Being Super. Mini-série publié en 4 numéros en 2018, il arrive enfin en français, et on peut dire que ce n’est pas trop tôt. Soyons clair, les publications VF autour du personnage de Supergirl se comptent sur les deux doigts d’une main. En effet, ce titre n’est que le deuxième récit centré sur Kara Zor-El, après le premier tome de Supergirl des New 52, qui malheureusement n’aura pas eu la chance de voir les 5 tomes suivants publiés par Urban Comics. Et quel dommage parce que les récits sur Supergirl sont tout aussi bons que ceux de Superman ou Batman. Ici, le scénario de Mariko Tamaki s’intéresse à l’adolescence de Kara dans la petite ville de Midvale, où elle a été recueilli par la famille Danvers. Vivant une vie plutôt normale, si on oublie ses super pouvoirs, Kara n’a aucun souvenir de ses huit premières années de vie avant son arrivée sur Terre. Mais à l’aube de son 16ème anniversaire certains changements se font sentir, et des rêves viennent la hanter…

Supergirl : Being Super, une série… moyennement super ! [critique ...

Pour son premier chapitre, la scénariste décide de nous montrer les aléas de l’adolescence, en intégrant aussi bien les changements corporels dus aux hormones, les questionnements intérieurs de Kara concernant son origine et ses pouvoirs, qui semblent partir en vrille. La Kryptonienne est bien entourée, puisqu’elle peut compter sur deux parents aimants et attentifs, deux amies hypers sympas répondant au nom de Dolly et Jennifer. La première est queer, et la seconde est une fan d’athlétisme qui fait hyper attention à sa santé. Leur amitié est très sympa à suivre. Il y a une belle complicité et de l’humour. Mais cela va vite virer au drame lors d’une rencontre sportive interlycées. Kara est un personnage qui a déjà 60 années d’existence, mais que beaucoup encore ne prennent pas au sérieux. Elle n’est popularisée dans les médias que depuis le lancement de la série télé Supergirl avec Melissa Benoist dans le rôle-titre. Et encore, dans les pays francophones vu le mode de diffusion catastrophique, la série ne possède pas l’attention qu’elle mérite. Pourtant, le personnage vaut vraiment le coup qu’on lui consacre un peu de son temps, et Supergirl : Being Super en est la parfaite porte d’entrée.

C’est accessible, nul besoin d’avoir une connaissance de folie de l’univers. Suffit de savoir que Superman a une cousine, Kara, et qu’elle est arrivée sur Terre des années après lui. On ne spoilera pas le reste, car le récit vous l’explique de manière claire. Et si vous voulez en savoir plus il y a toujours la série télévisée, les comics comme Supergirl en 6 tomes VO, ou encore mon dossier consacré au personnage, cliquer ici. Mariko Tamaki aborde plusieurs sujets importants. Les changements physiques, notamment, dont la condition super-héroïque de Kara met bien en évidence ce que peut ressentir un adolescent normal. Le deuil est aussi exploré. La puissance que l’on peut vivre face à la disparition d’un proche, et la culpabilité ne pas avoir pu le sauver. La mélancolie est une émotion qui est présente du début à la fin, mais que l’humour simple de Tamaki vient rendre la lecture plus fluide. La personnalité de Kara est en accord avec ce que je connais d’elle, et je ne pouvais en être plus ravie. Il est important de savoir respecter les points les plus caractéristiques d’un personnage, tout en sachant l’exploiter au mieux et intégrer de sa propre vision ici et là. La scénariste s’en sort très bien. Néanmoins, le récit perd un peu de sa force entre la fin du chapitre 3 et le milieu du suivant. Un personnage y est introduit, et non ce n’est pas Superman, mais sincèrement il n’apporte rien au récit. Au contraire il le fait basculer dans une certaine forme de cliché du genre super-héroïque. Dommage puisque jusqu’à ce moment, la lecture s’était avérée fructueuse et intéressante. Mais fort heureusement, la fin du chapitre 4 redonne de ses couleurs d’origine au récit.

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La partie graphique est assurée par Joëlle Jones, que l’on peut apprécier dans Selina Kyle : Catwoman aux éditions Urban Comics [mon avis ici], ou dans Lady Killer aux éditions Glénat. Le trait de Jones colle parfaitement avec le scénario de Mariko Tamaki. C’est précis et sublime à regarder. Jones soigne aussi les expressions des personnages et les émotions qu’ils véhiculent. Le design des personnages est travaillé, et diversifié. On apprécie aussi le détail des décors, que ce soit en intérieur ou extérieur. La colorisation est signée Jones et Kelly Fitzpatrick (Gotham City Garage, Archie) sont la cerise sur le gâteau. Les scènes d’action sont fluides et dynamiques. Comme pour les précédents ouvrages, le travail d’édition de la part d’Urban Link est de qualité. Toutefois, la police d’écriture est un peu petite, ce qui peut gêner un peu au début.

En conclusion, Supergirl : Being Super est la meilleure porte d’entrée pour ceux qui souhaitent se familiariser avec le personnage de Kara Zor-El. On réalise aussi que l’adolescente est bien plus que la simple cousine de Superman/Clark Kent. Les thèmes abordés sont dans la droite lignée des précédents ouvrages du label avec des héroïnes fortes et travaillées. Et pour les fans, alors ? Est-ce que ce récit complet peut plaire ? Oui, totalement !17/20

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