Critique manga #010 – Gambling School tome 1

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Rares sont les gens qui n’ont jamais joué à un jeu de hasard, allant du simple loto aux jeux plus corsés comme le poker ou la roulette. L’idée de gagner de l’argent en grattant un simple ticket ou cocher des cases est toujours des plus tentantes. Pourtant les probabilités d’être le chanceux qui décrochera des millions sont très minces. On a plus de chance de se faire frapper par la foudre que de gagner… pourtant on continue à y jouer, au risque pour certains de devenir accro. Gambling School propose un scénario qui tourne autour de la « fièvre du jeu » tout en y incorporant des éléments déconcertants sur fond de survival très ambitieux. 

 

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Lire un extrait en cliquant ici.

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Merci à Solène pour cet envoi où la probabilité de devenir accro est forte.


Gambling School (Kakegurui en VO) est un seinen écrit et dessiné par Toru Naomura et  Homura Kawamoto. Le premier est connu pour le shonen Lost Paradise (chez Ki-oon) qui mêle genre fantastique et aventure. Avec ce titre, le duo signe ici un véritable succès au Japon dont chaque nouveau chapitre est très attendu des lecteurs du magazine de prépublication de chez Square Enix. Depuis son lancement en 2014, la série a donné naissance à deux spin-offs. Le prequel Kakegurui Twin en 2015, qui se concentre sur le personnage de Mary Saotome avant la trame principale, et un spin-off comique Kakerurui (Kakkokari) en 2016. Une adaptation en série animée a vu le jour au mois de juillet dernier au Japon, et est également disponible sur Netflix (uniquement au Japon).

L’histoire de Gambling School se rapproche du genre « survival », qui a inondé le marché depuis plusieurs années, sans pour autant tomber dans les stéréotypes du genre. On découvre dans une école de Hiyakkaô, des élèves plutôt fortunés s’amusant à se défier aux jeux d’argent après les cours. Dans ce milieu, seuls les performances aux jeux comptent, reparties en un système de nivellement géré par le conseil des élèves mené par la main de fer de Kirari Momobami. Ces derniers recueils l’argent des autres étudiants et disposent de droits que personne ne peut contester. La somme que chaque élève doit à un autre se nomme « tribut », dont classement des plus endettés est des plus chanceux est rendu publique. Les moins bons payeurs font parti de la classe des « bêtes ». Les garçons sont appelés « Pochi » et les filles « Mike », en référence aux noms populaires de chiens et de chats au Japon. Ces derniers deviennent alors les esclaves des autres élèves et doivent leur obéir. Alors qu’un jeune homme de Suzui, devenu « Pochi » se fait traiter en larbin par Mary Saotome, fille de la richissime famille qui a fondé de nombreux jeux vendus dans le commerce, une nouvelle élève Yumeko Jyabami va venir chambouler la hiérarchie mise en place depuis des années…

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Ce premier tome pose les bases de l’histoire en veillant à expliquer méticuleusement la hiérarchie et les poses de chacun. Dès que Yumeko arrive dans l’école elle se fait tout de suite défier par Saotome afin de lui montrer qu’elle n’est rien de plus qu’une autre belle poule à plumer. S’ensuit une série de jeux que j’ai trouvé très intéressants à découvrir et surtout intelligemment bien pensé. En effet, les créateurs ont eu la bonne idée de prendre des jeux de hasard bien connu de tous comme « la roulette », « la pêche » et « pierre papier ciseaux » pour en détourner les codes et instaurer de nouvelles règles

La nouvelle arrivante Yumeko apporte de la candeur, du mystère et de gros bouleversements en perspective au sein de l’Académie. Le contraste entre son apparence physique, sa façon de parler et son véritable visage est vraiment fascinant. Joviale, amicale et faussement sotte en toute situation, mais imprévisible et maline durant les jeux. Pour le moment ce tome 1 se contente de la présenter avec une aura mêlée de mystère et d’excitation, ce qui provoque de la curiosité mais aussi un début de peur au sein des élèves. Et comme eux, je me suis surprise à me laisser emporter par le concept original et les millions de yens (monnaie au Japon) pariés par les élèves. Que ce soit à travers Yumeko ou les autres joueurs, on descelle une sorte de folie et d’addiction aux jeux qui donne lieu à des moments d’excitations qui accentuent la « fièvre du jeu ». Je ne doute pas que cette sensation soit éprouvée par les gros joueurs dans la vie réelle, quand l’adrénaline monte et que tout peut basculer d’un seul coup. Personnellement, je n’affectionne pas les jeux de hasard, mais j’ai été drôlement emballé par toute cette machination mise en place par les créateurs. Surtout que le conseil des élèves ne semble pas des plus honnête qui soit…

Le style graphique de Kawamoto est tout simplement magnifique. Les planches sont bien exécutées et varient dans leurs constructions selon les jeux proposés. Cela est en total cohérence avec le scénario de Naomura. L’ambiance qui se dégage de l’ensemble de l’œuvre est à la fois séduisante, lugubre et addictive. J’ai adoré le design des personnages, dont les uniformes, mais surtout les plans rapprochés des visages de Yumeko. Les traits et expressions retranscrivent parfaitement les sentiments de peur, de honte, de pouvoir et de folie. C’est vraiment un régal visuellement. 

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Ce scénario alambiqué totalement addictif fourmille de très bonnes idées où ma curiosité pour la suite est réelle. Cette lecture a également soulevé pas mal de questions. Yumeko est-elle simplement une énième élève accro aux jeux d’argent, ou possède-t-elle une autre idée en tête ? Va-t-elle faire bouger les choses au sein de l’école pour le meilleur et pour le pire ? Sa complicité naissante avec Suzui est-elle réelle ou fait-elle partie d’un plan que l’on n’imagine pas encore ? De très nombreuses questions comme vous pouvez le constater.

Petit mot sur  l’édition de Soleil Manga qui propose un bon petit pavé de 256 pages, mais qui reste très facile à manipuler malgré son épaisseur. La texture de la couverture « rugueuse » est agréable au toucher et rend justice à l’édition soignée de Soleil Productions. Mention spéciale également à la traduction de Julie Gerriet qui s’en sort haut la main pour rendre les différentes règles et systèmes compréhensibles. 

En conclusion, après la lecture de ce premier tome, je suis curieuse de voir comment va se jouer la suite dans le tome 2 pour nos deux héros, surtout au vu de la situation de fin de tome. Le scénario intelligent et loufoque devrait plaire aux fans des survival qui recherchent une sorte de vent de fraîcheur dans le genre. C’est barré sans être grotesque, moderne, complexe et très beau visuellement. Et en attendant d’avoir mon avis sur le tome 2, dans quelques (petits) jours, je vous invite à jeter un œil à l’histoire qui possède toutes les cartes en main pour remporter le jackpot.

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