Critique manga #014 – Bungô Stray Dogs tome 1 et 2

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N’avez-vous jamais voulu vous la jouer héroïque ou enquêteur comme Sherlock Holmes ? Moi oui. Étant petite je rêvais de pouvoir sauver le monde et je m’inventais souvent des pouvoirs dignes de ceux des X-Men pour y parvenir. Aaaah, l’enfance! Plus de 20 ans après, je rêve toujours d’apporter une différence dans le monde même si ce n’est que dans une particule microscopique. Mais en attendant, je peux compter sur Bungô Stray Dogs pour apporter ce côté héroïque et humain à mon quotidien.
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ototo

Merci à Guillaume pour cet envoi qui me donne envie de postuler pour intégrer moi aussi les Bungô


Bungô Stray Dogs est un seinen écrit par Kafka Asaigiri et dessiné par Harukawa 35. Il est publié depuis 2013 au Japon, avec 13 tomes en cours, et bénéficie d’une adaptation en anime de deux saisons depuis avril 2016, disponible en simulcast sur Crunchyroll dans les pays francophones. L’univers du manga compte également un roman prequel, un OAV (Hitori Ayumu), et un film annoncé pour 2018. En France le manga est édité par Ototo Manga et compte 5 tomes pour le moment.

L’histoire est celle de Atsushi Nakajima, un orphelin de 18 ans qui vient d’être jeté hors de son centre d’accueil. Affamé, il ne possède aucune richesse ni bien matériel, et constamment rejeté depuis son enfance il se demande s’il ne serait pas mieux d’en finir. Arrivé à Yokohama, il aperçoit un jeune homme en train de se noyer dans la rivière et lui sauve la vie. Et au lieu de se faire remercier, il se fait enguirlander. Le jeune homme en question se nomme Osamu Dazai et fait partie d’un groupe d’enquêteurs bien particulier. Chaque membre qui la compose est doté d’un pouvoir spécifique, et forment ensemble l’Agence des Détectives Armés. Atsushi va alors se retrouver embarqué dans un monde dont il ne soupçonnait pas l’existence et rencontrer des personnages tout aussi décalés qu’exceptionnels.

Dès les premières pages du tomes 1 de Bungô Stray Dogs ont se sent vite captivé par l’ambiance qui s’en dégage. C’est mystérieux sans être lugubre, et on adhère de suite aux personnages. Car oui ce qui fait la force de ce récit est la galerie de personnages tout aussi charmants, loufoques, sérieux et drôles. La scène d’ouverture avec Dazai est un avant-goût de ce qui attend le lecteur tout au long du récit puisque ce dernier a bel et bien tenté de se suicider. Si l’on s’attend à un certain malaise en l’apprenant, il n’en est rien. Le flegme de ce dernier et son côté presque joviale et insouciant prête tellement à sourire que l’on ne peut s’empêcher de l’apprécier. Ce premier tome pose les bases de l’intrigue avec Dazai et son équipe de fins détectives totalement habitué à ses tendances suicidaires. On a par exemple Kunikida qui ne cesse de le réprimander sur le fait qu’il chamboule son emploi du temps. 

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Au vue des différentes personnalités dans le groupe, il est surprenant de voir que tout le monde arrive à s’entendre. Kunikida est le plus réfléchi du groupe et à la délicate tâche de diriger son équipe. On y fait aussi la connaissance de Tanazaki et de sa sœur méga possessive Naomi, Edogawa au look très british à la Sherlock (et toujours souriant), Miyazaw et le grand patron Kukuzawa. Les échanges au sein du groupe sont toujours des moments où l’on ne peut s’empêcher de sourire, voire de rire. Chacun apporte sa petite étincelle au bon fonctionnement de l’équipe. Sans vous dévoiler les pouvoirs de chacun, je peux citer par exemple celui de mini Sherlock qui est la « super déduction ». Pratique, il ne lui manque plus que la pipe au bec.

Si le début commence par un mini-mystère le reste du manga va vite se tourner vers un fil rouge plus conséquent, où l’on apprend qu’une mafia aussi vieille que la ville contrôle chaque branche qui la compose. Les membres de ces hors-la-loi possèdent également des pouvoirs, dont le très menaçant Akutagawa, le plus redouté de tous. L’univers que Kafka Asagiri a su construire au fil des pages rend la lecture entraînante et très lisible. Petite mention très intéressante au fait que chaque personnage a été conçu en s’inspirant d’un écrivain japonais d’une oeuvre littéraire. Comment le sait-on ? Grâce aux petites descriptions présentent dans le tome 2. 

Dans ces deux tomes, l’action est très présente sans pour autant empiéter sur la nature cynique et drôle de l’oeuvre. Les idées de Asagiri sont assez ambitieuses et intéressantes pour ne pas se perdre dans le côté surnaturel. D’ailleurs en dehors des pouvoirs des personnages, rien d’autre de ce genre n’est à noter (pour le moment) dans le récit. Le scénario tourne autour d’actes terroristes avec une certaine morale très bien amenée. Le seul point négatif que je pourrais trouver dans la lecture de ces deux tomes, et que pour le moment mise à part le fait que la mafia veut avoir le contrôle total de la ville, je n’ai pas trouvé d’autre fil conducteur à l’histoire. J’espère donc que le reste des tomes arriveront  apporter quelque chose de plus au scénario, pour rendre l’oeuvre encore plus réussie. 

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Les dessins Harukawa 35 sont agréables et le charadesign des personnages est bon et assez différencié pour que l’on puisse facilement reconnaître tel ou tel personnage. De plus, les différentes expressions qu’ils arborent sont assez bien communicatives avec ce qu’ils ressentent pour que l’on finit par s’attacher à eux. Les scènes d’action sont dynamiques et fluides.  Il y a même un côté un peu mystique avec le design du tigre qui rend le visuel poétique. Le découpage des planches est globalement très bon, et il est difficile d’y trouver des défauts. L’édition de Ototo Manga est comme toujours très bonne, les pages couleurs en début de tomes classiques mais belles, et les couvertures avec cet aspect lisse brillant en fond amène un certain relief à l’objet. 

En conclusion, ces deux premiers tomes de Bungô Stray Dogs m’ont vraiment plu, l’ambiance qui s’en dégage est captivante dès le départ. Le cynisme, l’insouciance et le sérieux de chaque membre de l’équipe rendent l’oeuvre très agréable et drôle à découvrir. Et pour ceux qui comme mois ont souvent souhaité étant enfant de rejoindre un groupe de (super) héros, sachez que moins choix se seraient porté à celui de nos jeunes détectives plutôt qu’à celles de chez Marvel ou DC Comics. Bah, ouais ils sont nettement plus cool !
Sans titre 3

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