Critique manga #042 – Atom the Beginning tome 1, 2 et 3

titre manga (36) 
Avant Astro Boy, il eut Atom the Beginning. Cette épopée aussi robotique qu’humaine rend hommage au créateur du petit robot, Osamu Tezuka, véritable légende dans le manga pour de nombreux lecteurs. Cette oeuvre vous fera voyager, apprendre, mais aussi vous demander si les machines dotées d’une intelligence artificielle ne peuvent-elles pas aussi avoir un cœur ?
Achetez le tome 1, 2 et 3 de Atom the Beginning sur le site de Kana ou sur Amazon
Également disponible en version numérique sur izneo

 

 Lire un extrait du tome 1 en cliquant ici.

kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine pour cette aventure robotique dénuée d’inhumanité


Osamu Tezuka est l’un des plus grands noms du manga et de l’animation. On lui doit notamment Astrole petit robot, Le Roi Léo, Princesse Saphir, Black Jack ou encore l’ara aux sept couleurs. Né en 1928 au Japon, il débuta sa carrière à l’âge de dix-sept ans en tant que rédacteur dans le Shôkokumin Shinbun, ou il publiera sa première œuvre en tant que professionnelle, Le Journal de Mâ-chan. En parallèle il effectue des études de médecine à l’université d’Osaka, période de sa vie qui influencera son œuvre Black Jack (1973), où l’on voit un chirurgienexercer dans l’illégalité. C’est en 1947, que Tezuka rencontra le succès avec le titre La Nouvelle Île au trésor en collaboration avec Shichima Sakai. Mais c’est en 1952, qu’aura lieu la naissance d’un des personnages les plus mythiques aux yeux des Japonais : Astro Boy. Ce petit robot évolue dans un monde futuriste sous l’apparence d’un petit garçon, qui avec ses pouvoirs et son grand sérieux se mettra au service de la paix. Près de 10 ans plus tard, il se lance dans la création de son propre studio d’animation : Mushi Production qui lui permettra d’expérimenter des courts métrages, en s’inspirant de Disney qui l’a influencé depuis sa tendre enfance. Grâce à cette production il supervisera les adaptations animées de ses mangas comme Le Roi Léo et bien entendu Astro Boy. Osamu TEZUKA décède des suites d’un cancer en 1989, dans un hôpital de Tokyo.

Atom, the Beginning sont les origines de Astro Boy, trente ans avant sa création, scénarisé ici par Masami Yûki et dessiné par Tetsuro Kasahara, avec la collaboration des héritiers de Tezuka Productions. Ici, on assiste à la jeunesse des professeurs Tenma et Ochanomizu, créateurs du petit robot dans le manga d’origine. Encore étudiants à l’université, ils travaillent dans un petit laboratoire afin de mener des recherches sur l’intelligence artificielle et la machine. Ne réussissant pas à vivre financièrement, le duo travaille dans une fête foraine où leur prototype robotique Six va pouvoir s’illustrer. Constatant que la nouvelle A.I. fonctionne sur le robot, ils ne peuvent que rêver de plus.

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Ce qui est le plus frappant dans cette lecture, est le fait que Six soit tout aussi attachant qu’un humain comme vous et moi. Le récit arrive à mettre en lumière un côté presque organique et fluide, rendant le personnage plus qu’adorable. Dans l’univers des deux génies et de Six, on découvre un Japon en plein changement aux niveaux technologique et industriel. Le premier tome prend le temps de mettre en place le récit, en se concentrant surtout sur les deux scientifiques et les obstacles qu’ils doivent surmonter afin de mener leurs expériences à bien. Dans le lot, il y a les différentes rivalités avec les autres universitaires. Nul besoin de mentionner que certains d’entre eux n’y croiront tout simplement pas, tandis que d’autres verront cette avancée d’un mauvais œil. Les différents personnages sont bien présentés pour le moment. Nous avons donc Ochanimuzi, un rêveur un brin gaffeur qui rumine un peu le fait qu’il n’ait aucun succès avec les filles. C’est bien tout le contraire de Tenma qui lui ne cesse de draguer toutes les filles. D’autres personnages apparaissent au fil des tomes comme par exemple le génie d’un autre laboratoire, Moriya, ayant créé une chaise roulante dotée d’une intelligence artificielle lui apportant une grande aide dans son quotidien. La partie féminine est principalement représentée par la séduisante Motoko, sœur de Moriya, à la personnalité assez forte et sympathique.

Au fil du tome 1 et du tome 2, il est plaisant de suivre le côté humain que prend Six, le rendant crédible dans chaque action délibérée ou non. On assistera aussi à son lien particulier avec la jeune Ran. En deuxième partie du tome 1 nous avons le droit à un traitement concis de la robotique à travers un tournoi. Oui, un tournoi entre robots comme dans le film Chappie avec Hugh Jackman, mais de meilleure facture ici. Si certains puristes y trouveront à redire, j’ai trouvé cette idée assez bien exploitée et donnant du punch au récit. Les actions deviennent plus présentes sans que le côté scientifique et plus personnel ne soit enlevé. Grâce à cela on peut voir d’autres créations artificielles défiler sous nos yeux. Certains marqueront plus le lecteur que d’autres, notamment Mars, la création de la mystérieuse Dr Lolo. Dans ce tome 2 et dans le trois, cette dernière prendra de plus en plus de place dans le scénario, qui verra petit à petit le côté combats de robots – qui pourrait fatiguer les habitués – pour finir par s’effacer complètement. L’une des questions qui vient à s’imposer à nous dans ce tome 2 et surtout dans le trois, est, peut-on considérer Six comme une simple machine ? Depuis le début ce dernier fait preuve de beaucoup d’empathie non seulement avec les êtres humains mais aussi avec ses semblables. En toute fin de tome 2, Masami Yûki relance le récit dans une direction plus fraîche : un road trip sur une île déserte pour une mission bien précise que je tairai ici. Dans le tome 3, le nouvel arc prend des allures d’enquête afin de nourrir les différentes trames que le titre a pris le temps d’installer en tome 1. Et c’est franchement bien réussi. Au fil des chapitres, le rythme s’intensifie de façon efficace afin de nous garder captif. Et on ne va pas se plaindre !

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Les dessins de Tetsuro Kasahara possèdent cette patte nostalgique et simple propre aux œuvres de Tetzuko qu’il fait bon de retrouver. Si certains y trouveront un côté parfois brouillon, je n’y ai trouvé qu’une véritable lettre d’amour au papa d’Astro Boy. Le design de Six est très réussi, dur et suave à la fois. On y décèle parfois une certaine humanité très belle à regarder. Les mouvements de ce dernier sont mis en avant comme pour sublimer la technologie dont il est bâti. Ainsi le lecteur peut s’amuser à voir l’évolution et la fluidité de Six de façon crédible sans dénaturer la structure « prototype » propre au robot. La mise en scène est dynamique et donne un côté très rétro au titre.

Petit mot sur l’édition de Kana qui se tient très bien, et possède quelques pages en couleurs en début et milieu de chaque tome. La traduction est accessible au plus lambda des lecteurs mais aussi à ceux qui craignent que le côté scientifique ne soit trop technique et barbant. Je vous rassure, je ne suis pas un as de science et j’ai très bien compris les différents thèmes et explications, sans bailler.

En conclusion, Atom the Beginning est un prequel intéressant et ambitieux rendant hommage à l’œuvre originale de Osamu Tezuka. Une lecture que les férus de science apprécieront, mais que les plus novices comme moi peuvent facilement adopter. Cela est principalement dû au fait que Six est un personnage aussi attachant qu’un Wall-E des studios Disney, et qu’il saura conquérir votre cœur de la plus douce des manières. Un titre qui saura en surprendre plus d’un.hjzgg

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