Critique #072 – Everything, Everything de Nicola Yoon

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Imaginez une vie où vous ne pouvez pas mettre le nez dehors sous peine de tomber gravement malade et de mourir ? Imaginez une seule seconde vive recluse dans une maison, et ne jamais ressentir les rayons du soleil sur votre peau, la pluie ruisseler sur votre visage, ou le vent dans vos cheveux. Inimaginable ? C’est pourtant la vie que mène la jeune Madeline. Entre rêve et espoir, son quotidien va être chamboulé par l’arrivée d’Olly, le fils des nouveaux voisins.

 

Acheter Everything, Everything sur le site de Le Livre de Poche Jeunesse ou sur Amazon.

Je remercie Shana des éditions Hachette Romans pour cette belle histoire pleine d’espoir.


Nicola Yoon est une auteure américaine née en 1972, ayant grandi en Jamaïque et dans le quartier de Brooklyn à New York. Elle obtient un degré dans l’électronique avant de se lancer dans le programme d’écriture du collège Emerson. Elle travailla près de vingt ans en tant que programmeuse dans une firme de management avant de publier son premier roman, Everything, Everything. C’est après la naissance de son premier enfant, une fille, que Yoon se lança avec l’idée de broder une histoire autour du concept de « mettre en bulle » son enfant pour le protéger du danger. Ce n’est qu’en 2015, soit trois ans après, que Everything, Everything fut publié. Les illustrations dans le bouquin ont été dessinées pas son mari graphiste, David Yoon. Lors de sa sortie le titre se classa premier du New York Times Best Seller, et resta 40 semaines dans le top. Un film du même nom fut réalisé par Stella Meghie en 2017 avec Amandla Stenberg et Nick Robinson dans les rôles principaux. Entre temps, son deuxième roman The Sun Is Also A Star paru en 2016 et se classa dans plusieurs tops livresques. Fin 2016, les droits d’adaptations ont été acquis par Warner Bros. et MGM. Ses deux livres sont disponibles aux éditions Hachette Romans.  

L’histoire de Everything, Everything est celle de Madeline « Maddy » Whittier qui vient de fêter ses 18 ans mais qui n’a pas pu en profiter comme elle l’aurait souhaité. En effet, Maddy est une jeune fille atteinte d’une maladie auto-immune qui l’empêche de sortir de chez elle. Elle n’a donc jamais mis les pieds dehors et ne peut parler à quasiment personne. Un jour en regardant par sa fenêtre elle voit un camion de déménagement en face de la maison d’à côté où elle croise le regard de Olly, le fils des nouveaux voisins. En cet instant, la jeune fille sait qu’elle va très certainement tomber amoureuse de lui.

Dans un premier temps, si ce livre m’a attiré c’était pour découvrir comment l’auteure allait se débrouiller pour proposer un récit intéressant et non répétitif autour d’une jeune fille totalement isolée du monde extérieur. À de nombreuses reprises j’ai vu des avis sur le livre, puis sur le film, passer ici et là, et l’envie de le lire s’est faites grandissante. J’aurais très bien pu choisir la solution de faciliter et visionner le film, mais non, je suis de celle qui aime découvrir un livre avant son adaptation, au risque de ne plus vouloir lire l’oeuvre d’origine par la suite. Bien entendu, plus un livre/film est parlé plus je sens une angoisse monter en moi, comme la peur d’être déçue. Cela avait été le cas avec La fille du train de Paula Hawkins que j’ai dû mettre plus d’un an à enfin me procurer. Et au final je n’avais pas été déçue, alors, ni une ni deux j’ai voulu me faire une opinion sur Everything, Everything.

Ce qu’il y a de surprenant dans cette lectureest le fait que l’univers de Madeline, surprotégée pour des raisons de santé, n’est jamais ennuyeux aux yeux des lecteurs. Si pour elle cela fait partie de la routine, pour nous cela s’avère instructifsur la vie que peut mener quelqu’un d’allergique… au monde. Cette maladie porte un nom à faire sourciller, celle de DICS – Déficit Immunitaire combiné sévère – qui en somme est une maladie très rare. Pour résumer, ce sont les lymphocytes T et B des personnes atteintes qui possèdent des anomalies. Ces dernières provoquent une défaillance de la production d’anticorps, etc. Et pour ceux qui pensent que l’explication dans le bouquin est soit barbante ou bateau, il n’en est rien. C’est ludique et simple à la fois, que n’importe quel lecteur comprendra. On suit donc Maddy dans son quotidien dicté par des appareils de changement d’air, sans contact ou presque avec le monde extérieur. Afin de passer le temps, l’adolescente passe ses journées à étudier pour ses cours par correspondance, à lire, ou en compagnie de sa mère qui ferait tout pour sa fille et de son infirmière Carla, également sa meilleure amie. 

Il m’arrive de relire mes romans préférés en partant de la fin. Je commence par le dernier chapitre, et je lis à rebours jusqu’au premier.
Quand on lit de cette manière, les personnages vont de l’espoir vers le désespoir, de la connaissance de soi vers le doute. Dans les histoires d’amour, les couples sont d’abord amants, avant de devenir des étrangers. Les récits d’initiation se transforment en récits d’égarement. Des personnages reviennent même à la vie.
Si ma vie était un roman qu’on lisait à l’envers, rien ne changerait. Aujourd’hui est pareil à hier, demain sera pareil à aujourd’hui. Dans Le Livre de Maddy, tous les chapitres se ressembleraient.

N’ayant jamais connu autre endroit que sa maison, Madeline aime sa vie et l’accepte telle qu’elle est. Elle est de nature joyeuse, brillante, et pleine d’espoir. Pourtant l’arrivée d’Olly va bouleverser tout ce qu’elle connaît . Elle va apprendre les premiers émois amoureux décrient avec douceur et sincérité. On la voit rêveuse, attachante et mise en valeur par la plume de l’auteure. Olly de son côté est un jeune homme curieux, toujours vêtu de noir, charmant, et dont la vie n’est pas facile. La relation entre les deux sonne juste et est réellement mignonne à suivre. Leurs échanges sont sincères et drôles à la fois. Ici, il est clairement dans le ton de dire que les contraires s’attirent. Grâce au contact de l’adolescent, Madeline va vouloir découvrir la vie et tout ce qu’elle n’a jamais connu.

Le scénario est construit avec les codes de la romance mais de façon très intelligente et assez originale pour le coup. La première force du récit se trouve dans la mise en page atypique imaginée par le couple Yoon qui propose des graphiques, des liste d’achats, d’échanges en lignes, … tous en lien avec la vie de la jeune fille entre ses quatre murs. La seconde réside dans le charme de ses personnages, Carla inclue. Everything , Everything est une lecture qui fait se rencontrer deux mondes, celui de l’extérieur avec Olly et son quotidien et celui de Maddy et sa maladie. J’ai trouvé cette idée vraiment judicieuse et intelligente, que Nicola Yoon prend le temps de décrire et de moduler à sa guise pour en faire grandir ses protagonistes.

Et je ne vois pas seulement Olly. Je me vois, moi, flottant très loin au dessus de la Terre. Des confins de l’espace, j’embrasse du regard le monde entier. Mes yeux ne vienne buter sur aucun mur, aucune porte. Je vois le début et la fin des temps. Je vois l’infini.
Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai envie de plus que ce que j’ai.

Le style de l’auteure est fluide, extrêmement agréable et facile à suivre. On se pose également des questions sur ce que l’on ferrait à la place de Maddy mais aussi de Olly. Si on peut redouter la redondance dans le récit, il n’en est rien puisque l’auteure arrive à y injecter du dynamisme. Les pages se tournent avec envie et on ne se lasse pas d’en savoir chaque fois un peu plus.

En conclusion, avec Everything, Everyting Nicola Yoon propose une histoire pleine de vie, moderne et douce. Il est attendrissant de voir cette relation germer entre ces deux êtres dans la fleur de l’âge, et on ne peut qu’avoir la gorge serrée quand on sait que la « normalité » que rêve de connaître Maddy ne sera pas au bout de l’histoire… ou bien si ? Du début à la fin on espère avec elle et on se laisse embarquer dans une romance merveilleuse et touchante. Everything, Everything fut donc un coup de cœur pour moi, et je ne peux que souhaiter qu’il en soit de même pour vous.

La bande-annonce du film en cliquant ici (attention au spoilers!)

Sans titre 3Infos roman (27)

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10 réflexions sur “Critique #072 – Everything, Everything de Nicola Yoon

  1. Comme toi, j’ai adoré cet lecture (d’ailleurs, si tu le souhaite tu peux retrouver ma chronique sur mon blog) Mais, dans l’ensemble j’ai trouvé la plume de l’auteur, très fluide, est sans prise de tête. J’ai tout aimé dans ce livre. Et ce que j’ai aussi beaucoup aimé aussi, c’est les illustrations dans le livre. Maintenant j’ai hâte de regarder le film 😀

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai regardé le film récemment et j’ai été déçue. Cette histoire d’amour ne m’a pas emballée comme je le pensais. Quant au retournement de situation, il ne m’a pas trop étonnée. Je l’ai un peu senti venir. Mais je pense que l’adaptation cinématographique ne fait pas vraiment honneur au livre. En tout cas, ça ne m’a pas déçue au point que je refuse de découvrir la version originale.

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